Narramus, de quoi parle-t-on ?
Article mis en ligne le 31 mars 2020
dernière modification le 15 juin 2020

par virginie Hohl


Narramus, de quoi parle-t-on ?
Narramus est le dernier né de Sylvie Cèbe et Roland Goigoux. Il s’inscrit dans la lignée de lector/lectrix 2009 et de lectorino/lectorinette en 2013


Il s’agit d’un outil pour aider les enseignants de maternelle (et de CP) à enseigner la compréhension.
La particularité de celui-ci se situe dans la possibilté pour les enseignants de se former, à travers un outillage qu’on qualifiera de robuste.
En effet, il répond à la double exigence : celle de la recherche et du terrain. Sa robustesse tient d’un apport didactique et pédagogique conséquent. L’appui sur les différentes recherches en compréhension offre un cadre théorique solide, tandis que la pédagogie déployée à travers l’outil est renforcée par la connaissance du métier.


Cet outil, conçu avec une équipe enseignante de REP+ a l’avantage d’être opérationnel directement en classe. Pour en savoir plus sur sa conception, dite continuée dans l’usage, lire l’artcle, Associer chercheurs et praticiens à la conception d’outils didactiques ou de dispositifs innovants pour améliorer l’enseignement (R.Goigoux, 2017)


 



Composé d’un album, d’un CD-Rom et d’un guide pédagogique très détaillé, il permet à l’enseignant de concevoir son enseignement en compréhension (inférentielle), en langage et en lexique autour d’un album de littérature de jeunesse.


Pour comprendre les fondements théoriques de la conception de Narramus et les utilisations que les enseignants en font, lire sur le site du centre Alain-Savary.


centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/education-prioritaire/ressources/theme-1-perspectives-pedagogiques-et-educatives/lire-ecrire-parler-pour-apprendre-dans-toutes-les-disciplines/narramus
 


Conçu à partir de constats


A l’issue de la recherche Lire-Ecrire, Marie-France Bishop, professeure des universités en sciences de l’Education à l’université de Cergy Pontoise, déclarait lors d’une formation de formateurs à l’IFE-ENS Lyon " la compréhension est le parent pauvre de l’enseignement de la lecture". Pour lire l’article, c’est ici

Elle y explique ce qu’est la compréhension, rappelle que c’est une didactique très récente et décline les résultats de la recherche Lire-Ecrire du côté des élèves, des enseignants et des formateurs.
Elle explique notamment que, parmi les 131 classes observées, il y a peu de temps globalement alloué à la compréhension (elle représente16% du temps consacré au Lire-Ecrire) et que 40% de ce temps est consacré à des tâches individuelles, écrites qui n’ont pas d’incidence sur les progrès des élèves. Pour lire cet article


 


Ce rapport fait le constat d’une faiblesse de la pédagogie de l’oral et de la compréhension : « S’il y a des « ateliers » centrés sur la compréhension, les activités dont témoignent à cet égard les rapports d’inspection consistent souvent en une réorganisation d’images aux fins de recomposition de la chronologie de l’histoire. ( …) il faudrait que tous les maîtres soient plus rigoureusement préparés (p.131)


 


Le rapport évoque notamment (pp.103-123) les principes d’organisation et de fonctionnement pédagogiques qui semblent les plus efficaces pour une école inclusive. A la page 109, il évoque une pédagogie attentive à la compréhension et rend compte dans une synthèse des points d’observation sous forme d’interrogations suivantes :


- Comment le professeur suscite-t-il l’attention des élèves ?
- Quelles stratégies le professeur met-il en place pour aider l’accès à la compréhension ?
- Comment le professeur s’assure-t-il de la compréhension de tous les élèves ?


  • Un consensus de chercheurs sur la didactique de la compréhension :


Pour élaborer une représentation mentale, il y a quatre compétences qui interagissent :
• les compétences lexicales et linguistiques
• les compétences stratégiques
• les compétences référentielles et inférentielles
• les compétences d’autorégulation et de métacognition

A partir des travaux de Ecalle & Magnan en 2010, repris en 2015 par Maryse Bianco, le schéma ci-dessous représente le consensus actuel des recherches sur les connaissances de la compréhension d’un texte, rajoute Marie-France Bishop dans l’article du centre Alain-Savary.





Fort des différents constats sur la délicate tâche de l’enseignement de la compréhension et sur les inégalités qui pèsent sur le système scolaire, Sylvie Cèbe, Isabelle Roux-Baron et Roland Goigoux ont mené une recherche de 2016 à 2019, auprès de 6000 élèves, 250 enseignants en REP/REP+ sur "Apprendre à comprendre et à raconter pour favoriser le développement du langage oral et écrit" et ainsi concourrir à la réduction des inégalités d’acquisition. De cette recherche est né Narramus, un outil pour l’enseignement et l’apprentissage de la compréhension en maternelle.

Apprendre à raconter pour apprendre à comprendre
Lors d’une formation de formateurs à L’IFEsur Narramus, Sylvie Cèbe annonce qu’« il faut prendre au sérieux la difficulté pour les enseignants de construire des compétences langagières qui vont permettre d’entrer dans l’écrit ». C’est pourquoi, cette recherche se base sur la construction d’outils robustes pour apprendre à comprendre et enseigner la compréhension en maternelle.

Pour comprendre les fondements théoriques de Narramus, lisez l’article sur le site du centre Alain Savary "Narramus, un outil pour apprendre à comprendre et à raconter"


Dans le Café pédagogique, Sylvie Cèbe, explique que "le meilleur moyen d’apprendre à comprendre les histoires est d’apprendre à les raconter". C’est cette compétence que travaille Narramus.
Les enfants sont amenés à développer des compétences précises qui leur permettent de comprendre l’histoire et de la raconter :

  • les compétences narratives en réception
  • les compétences narratives en production
  • les compétences lexicales et syntaxiques
  • les compétences inférentielles


Un outil efficace
Les nombreux post-tests en classe ont montré qu’avec la démarche proposée par Narramus, les élèves de maternelle, quel que soit leur niveau initial, s’approprient l’histoire et progressent dans la maitrise du langage oral.
Évaluation des premiers effets d’un enseignement fondé sur l’outil didactique Narramus à l’école maternelle

" Les effets prouvés sur la méthode Narramus" dans la café pédagogique


Sylvie Cèbe nous parle de Narramus 1 an après la fin de la Recherche



 Expérience d’une enseignante, son site "Objectif Maternelle"


objectifmaternelle.fr/2018/01/langage-narramus-sieste-de-moussa/


expérience d’une CPC qui met à disposition des outils pour l’enseignement de la compréhension, à la manière de Narramus, pendant la période de confinement.


www2.ac-lyon.fr/services/rhone/maitrise-de-langue/spip.php?article297&lang=fr


Bookcreatour, un outil pour enseigner la compréhension autrement


www2.ac-lyon.fr/services/rhone/maitrise-de-langue/spip.php?article302&lang=fr



Livre numérique du Petit Poucet à la manière de Narramus et lectorino, pendant la période de confinement, par Julie Meunier.



A noter, Sylvie Cèbe, maître de conférences en Sciences de l’Éducation à l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand a conçu, avec Roland Goigoux, des outils pédagogiques et didactiques centrés sur l’enseignement de la compréhension (lectorino, lectorinette en 2013), (lector/lectrix 2009)